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Le Cairn

Le Journal de la CMCAS Pays de Savoie

[ Cairn ] : Mot d'origine celte.
Amas de pierres de forme pyramidal édifié par les alpinistes ou les randonneurs, et matérialisant un passage, un itinéraire ou un sommet.
il est d'usage d'entretenir ces jalons en rajoutant sa pierre à l'édifice.
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100 ème ANNIVERSDAIRE DE LA "LA JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES"

Au début du XXe siècle, des femmes de tous pays s’unissent pour défendre leurs droits et réclamer le droit de vote. La création d’une Journée internationale des femmes a été proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin, et s’inscrivait alors dans une perspective révolutionnaire.
La date n’est tout d’abord pas fixée, et ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met en place. C'est en 1945 que l'égalité des femmes et des hommes a été admise en tant que principe fondamental de la personne à travers l'adoption générale de la charte des Nations Unies. En 1979, la communauté internationale décidait de remettre en question et d'éliminer la discrimination sexuelle qui s'exerçait contre les femmes en adoptant la CEDEF (Convention pour l'Elimination de toutes formes de Discrimination à l'Egard des Femmes).

Le 17 octobre 2000, à New York, la marche mondiale pour les femmes, due à l'initiative d'un groupe de femmes québécoises en 1998, a pris fin. Une pétition de plusieurs millions de signatures, récoltées de tous les pays qui ont participé à cette action, sera remise aux Nations Unies…
Derrière ces actions et ces avancées timides se cachent, à l'évidence pour les femmes, des années de luttes et d'acharnement pour faire valoir leurs droits et le respect de leur personne. Depuis 1975, les soins de santé aux femmes et aux fillettes, en plus de leur éducation (scolarisation), sont une préoccupation majeure pour la plupart des gouvernements de la planète. De son côté, la convention des droits de l'enfant, adoptée en 1989, a permis de recommander des lois déterminantes concernant les Mutilations Génitales Féminines (MGF) chez les fillettes (en 1997) et les mariages précoces . Des liens évidents ont été reconnus entre la pauvreté et la discrimination à l'égard des femmes.

Les observateurs ont également remarqué que plus les filles sont scolarisées, plus elles peuvent prendre connaissance de leurs droits et plus elles peuvent les faire valoir.
De même, plus les femmes participent à la vie publique, plus leur sort s'améliore et celui de la société dans laquelle elles vivent également, aussi bien en matière de santé publique que de régulation de la croissance démographique ou, encore, de renforcement de la croissance économique.

C'est l'afflux de statistiques, la mise à jour de ce fléau, caché et ignoré, démontrant le niveau alarmant de discrimination dont les femmes et les fillettes étaient victimes, qui a poussé les différents comités de protection et de valorisation de la condition des femmes dans le monde à établir des recommandations spécifiques afin d'attirer l'attention sur les facteurs qui accentuent l'inégalité.
A son niveau, la Cour Pénale Internationale, lors d'une conférence en 1998, a ajouté à sa définition de crime de guerre un statut relatif à la justice contre les auteurs de crimes sexuels, aux termes duquel le viol, l'esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée et d'autres formes de violence sexuelle constituent de "graves violations" des Conventions de Genève contre les crimes de guerre. mais, il faut bien le dire, malgré les efforts incessants de milliers de personnes investies dans cette action en faveur des femmes, malgré de nouvelles lois qui ont pour objectif de les propulser sur le devant de la scène sociale, économique et politique, les chiffres qui reflètent la réalité de leur vie recèlent un caractère inquiétant !

Une évaluation des progrès réalisés due au Fonds de développement des Nations-Unies pour la femme (UNIFEM) donne à réfléchir : "Jusqu'à présent, six pays seulement réunissent les caractéristiques suivantes : égalité à peu près complète entre les sexes dans la scolarisation secondaire, occupation par les femmes de 30 % au moins des sièges de parlement, exercice par les femmes de près de 50 % des emplois rétribués dans les activités autres qu'agricoles".

En tout état de cause, il apparaît clairement que l'émancipation des femmes et l'accession à l'égalité face aux hommes, constituent un objectif crucial pour le respect des droits de la personne qui fait partie intégrante du développement humain et économique.

Les femmes ont toujours travaillé et ont toujours été nombreuses à le faire.

Contrairement aux idées reçues, le travail des femmes n'est pas d'origine récente et son développement n'a pas été linéaire. Son histoire met en évidence l'alternance de périodes favorables, durant lesquelles le statut et les droits des femmes progressent, et de périodes de régression ou sont remis en question non seulement les droits des travailleuses mais aussi leur droit au travail. Le travail des femmes, un droit fortement contesté. Si au XIIIème siècle, les femmes peuvent exercer divers métiers (médecins, meunières...), leur progressive exclusion des métiers prestigieux et rémunérateurs annonce la remise en cause de cette relative liberté.

Sous la Renaissance, les hommes prennent la direction des corporations féminines. En 1675, il n'en existe plus que trois: lingères, bouquetières et limières-chanvrières. Au XVIIIe siècle, le travail féminin à l'extérieur du foyer est assimilé à la prostitution. Le travail à domicile est vivement encouragé. L'exploitation est aussi grande qu'à l'extérieur mais la moralité est sauve: la femme reste chez elle. Des lois pour protéger les femmes ou les écarter du marché du travail ? Un arsenal de lois est voté au nom de la spécificité biologique et du rôle social des femmes.
En 1874, interdiction du travail des femmes dans les mines et les carrières, puis, en 1892, journée de 11 heures et repos hebdomadaire, interdiction du travail de nuit (renforcée en 1911, assouplie en 1992). Au XXème siècle, le travail des femmes est encore perçu comme un travail d'appoint. Ce n'est pas un droit, tout au plus une concession.
Les périodes de crise économique sont celles où l'offensive contre le travail féminin est la plus forte, notamment envers les femmes mariées et les mères de famille. Des exemples en témoignent en 1919, les travailleuses, appelées à faire fonctionner le pays pendant la guerre, sont renvoyées dans leurs foyers avec la consigne de repeupler la France.
En 1934, le ministre du Travail s'attaque au travail des femmes mariées tandis qu'aux PTT on projette de licencier les employées de plus de 45 ans. Enfin en 1938, une prime est instituée pour la femme au foyer.

La période vichyssoise continue dans cette voie (juillet 1940, licenciement progressif des travailleuses), mais doit faire face aux nécessités du moment: produire pour l'occupant. En mai 1942, toutes les interdictions concernant le travail des femmes mariées sont levées. Le principe d'égal accès aux emplois dans la fonction publique s'affirme en 1982. Il a fallut attendre 1988 pour que disparaissent toutes les entraves à l'emploi des femmes dans ce secteur. En fait, les lois discriminatoires, largement détournées, n'ont pas contribué à un retour massif des femmes au foyer. En revanche, elles ont accentué les tendances -déjà fortes- à l'abaissement des salaires féminins et ainsi à l'inégalité des salaires.

En 1965, les femmes mariées sont enfin considérées comme des travailleuses à part entière. Elles peuvent exercer une profession sans l'autorisation de leur mari, aliéner leurs biens personnels en toute propriété et percevoir l'allocation principale de chômage. Jusqu'alors, elles étaient considérées comme personne à charge du mari ce qui leur ôtait le droit à l'indemnisation. Enfin, cette même année, le travail de l'agricultrice est reconnu. Elle obtient le statut d'exploitante agricole. La notion de salaire féminin est officiellement supprimée en 1945. Des lois sont votées proclamant l'égalité de rémunération entre les femmes et les hommes (1972) et l'égalité professionnelle (1983), une circulaire préconise la féminisation des termes de métiers, grades et fonctions (1986).

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